lunes, 13 de noviembre de 2017

Entre son et sens



Envol d'oies sauvages sur un coucher de soleil, Jo Bévin


NOVEMBRE 


Captif de l’hiver dans ma chambre 
Et las de tant d’espoirs menteurs, 
Je vois dans un ciel de novembre, 
Partir les derniers migrateurs. 


Ils souffrent bien sous la pluie; 
Mais au pays ensoleillé, 
Je songe qu’un rayon essuie 
Et réchauffe l’oiseau mouillé. 


Mon âme est comme une fauvette 
Triste sous un cel pluvieux; 
Le soleil dont sa joie est faite 
Est le regard de deux beaux yeux; 


Mais loin d’eux, elle est exilée; 
Et, plus que ces oiseaux, martyr, 
Je ne puis prendre ma volée 
Et je n’ai pas le droit de partir. 


François Coppée



Selection réalisée par Rosalía Montoya

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